Texte: Une Calligraphie du Mouvement

Publié par Solweig

00068red

Peindre, sculpter, graver un corps après l’autre.

Inscrire sur la toile, le métal ou le verre un geste après l’autre.

Peupler l’espace d’une multitude de corps figés dans

l’effort, la lutte ou la danse.

Pas à pas, Solweig von Kleist construit une étrange partition

où les notes sont des corps placés sur

une invisible portée.

00066red

   Alors Solweig s’empare de la caméra ou

   de l’appareil photo.          

   Image après image elle enregistre chaque position

   dans un ordre connu d’elle seule.

 

00065red

 

00070red

 

Enfin surgit sur l’écran la synthèse en mouvement

de tous les corps peuplant l’espace environnant.

 

La foule en lutte, la masse dansante ou en plein effort

physique tout à coup se fond en un seul corps animé,

agité, comme pris au piège du cadre de la caméra.

 

Renouant avec l’esprit des pionniers du cinéma expérimental,

Solweig von Kleist explore un monde prometteur entre les arts

plastiques et le cinéma.

Refusant que l’œuvre physique soit réduite au simple

passage obligé vers l’œuvre cinématographique

immatérielle, elle confronte l’une à l’autre dans l’espace

de l’exposition.

 00071red

 

     Elle démontre ainsi que la synthèse du mouvement

      qu’opère le cinéma n’est pas seulement la somme

      des images préétablies: elle révèle autre chose,

      transforme le sens de ce qui était donné à voir.

 

00074bred

      Partant d’une même calligraphie du mouvement,

      de la cohabitation des images fixes et animées émergent

      des sens, des sensations multiples voire contradictoires

      qui renvoient à notre propre complexité d’individu et

      d’être social.

 

 

Maurice Corbet

          Conservateur aux Musées d’Annecy, septembre 2003